Antoine et sa femme Élisabeth décident alors de faire un tour de Bretagne, pour étudier d’autres sites de production.
La Bretagne était célèbre pour ses huîtres plates, mais suite à des épizooties parasitaires ayant décimés les gisements naturels et causé la mortalité des huîtres adultes, de nombreux producteurs sont découragés et abandonnent la production.
Ils s’installent alors dans un petit chantier à Saint-Philibert à Men Er Beleg, et reprennent d’anciens parcs à huîtres plates abandonnés pour y essayer l’élevage de la palourde.
Jean-Pierre, un ami descendu Finistère pour travailler avec eux est d’une précieuse aide tout au long de cette aventure !
Les moyens de l’époque sont très sommaires (récolteuse à pommes de terre pour récolter les palourdes…), les conditions parfois délicates (logement en tente ou cabane, vols de palourdes…) mais après quelques années de persévérance, et avec le soutien de certains habitants, l’élevage prend.
Son fils Antoine décide d’arrêter sa carrière de planche à voile professionnelle, et travaille avec lui pour l’aider à développer l’élevage de la palourde.
Quelques années plus tard, ils constatent l’arrivée de l’anneau brun, une maladie qui décime rapidement toutes les palourdes (persistant toujours aujourd’hui).




Les amateurs sont plus nombreux à vouloir s’arrêter manger des fruits de mer « Chez Jaouen ». Les planches de bois sur tréteaux installées sommairement dans le chantier ne sont plus adaptées pour recevoir.
Ils réhabilitent alors l’ancienne voilerie à l’étage du bâtiment de production pour recevoir les visiteurs : la fameuse salle de dégustation « Chez Jaouen » !
Avec l’aide des copains et des cousins, dont notamment Jean-Christophe Henry.
On continue alors à recevoir, tout en gardant l’esprit simple, familial et convivial, avec du sopalin, des grands saladiers à partager, sur des tablées avec tréteaux, pour recevoir sans chichis les grands groupes de familles, d’amis, de célèbres marins, régatiers…
Dans l’autre bâtiment, on installe à l’étage la vente au détail, avec de grands viviers d’eau de mer pour les coquillages et crustacés.




Les producteurs doivent à nouveau faire face à des difficultés :
Arrivée des dorades avec le réchauffement climatique qui ravagent les bancs de palourdes, maladies, crise économique, chute des prix de vente en dessous du seuil de revient, concurrence de très gros producteurs et arrivée de nombreux petits producteurs, ventes à perte, problèmes récurrents de qualité des eaux (la région n’étant pas équipée/adaptée pour les afflux de plus en plus massifs de touristes et de nouveaux habitants)…
On trouve alors de nouvelles solutions pour s’adapter :
Bassins de purification et analyses chaque semaine de l’eau et des échantillons de fruits de mer pour s’assurer de la bonne qualité, ouverture de la dégustation le midi et sur une plus longue période pour varier les revenus, mieux lisser les ventes sur l’année et mieux valoriser les produits directement du producteur au consommateur, essais de techniques pour éloigner la prédation…
Puis récemment :
Investissement dans une calibreuse pour soulager le travail et assurer un résultat plus précis, installation d’un distributeur de fruits de mer sur le site pour compléter la boutique, ventes sur la plateforme « Pourdebon » qui valorise les producteurs, création d’une e-boutique avec vente de fruits de mer en ligne et expéditions.
Les 3 filles : Marie-Gabrielle, Valentine, Éloïse, travaillent avec leurs parents pour les aider : aux parcs, à la vente, à la dégustation, au bureau…
Marie-Gabrielle ouvre par la suite 2 restaurants (Les voiles à Plouharnel et les Locaux à la gare d’Auray) où elle vend les produits de l’exploitation familiale, Valentine travaille sur site, et Éloïse s’occupe du développement commercial en France (Paris, les Alpes…).